LE TRAVAIL EN TEMPS PARTAGÉ


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Travailler en temps partagé, précarité ou opportunité ?

Offrir ses compétences à plusieurs employeurs à la fois, voilà une idée qui fait son chemin dans l’esprit des cadres. Pourtant, le multisalariat souffre encore d’un déficit de notoriété et d’image. Tordons le cou aux idées reçues les plus répandues.

- Ce n’est rien d’autre que le cumul d’emplois précaires

 

Tout dépend par quel bout de la lorgnette on regarde. Le temps partagé peut se révéler être une stratégie intéressante pour se constituer un temps complet sur mesure. D’un côté, les PME ont besoin de DAF, DSI ou de DRH, mais n’ont pas les moyens de les employer à plein temps. De l’autre, vous, candidat pour qui le travail n’est plus synonyme d’attachement indéfectible à une entreprise, mais bien de missions dont l’intérêt se trouve sans cesse renouvelé, comme un antidote à la routine professionnelle.

 

Avec plus d’un million de pluriactifs et près de 5 100 groupements d’employeurs (1), le temps partagé séduit près de 220 000 cadres. « Il répond au paradoxe auquel beaucoup d’entreprises sont confrontées : profiter de l’expertise de profils d’excellence tout en maîtrisant leurs coûts » explique Olivier Vigoureux, fondateur de Partialis Consulting, entreprise de travail en temps partagé missionnant en moyenne 180 multisalariés chaque mois. « Pour exemple, nombreux sont nos clients à proposer des missions de 3 à 6 mois à temps complet, notamment dans les domaines de l’informatique. » A ce stade, la notion de précarité devient plus relative.

 

- Ce n’est pas plus gratifiant que l’interim

 

Rien à voir avec un remplacement de personne clé ou la solution à un surcroît d’activité. Les missions permettent de répondre à une problématique précise de l’entreprise, à un moment clé de son développement. Joëlle Houque, DRH indépendante en temps partagé, précise : « J’interviens toujours dans un cadre très défini, comme la révision de la politique salariale ou des contrats de travail. De plus, hors de question d’arriver avec des solutions toutes faites. Ce que les entreprises attendent, ce sont des réponses totalement personnalisées. Il faut être particulièrement créatif pour monter une formation de 10 personnes avec un budget qui ne dépasse pas les mille euros ! »

 

- Le temps partagé, on le subit

 

Là où il est généralement subi pour les métiers peu qualifiés, le temps partagé est le plus souvent choisi par les cadres, surtout s’ils sont juniors, seniors ou très spécialisés. « 40% de notre effectif est constitué de profils entre 50 et 55 ans, à haut niveau de compétences, et qui rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi. Nos autres profils ont en moyenne 35-40 ans, avec une expérience solide dans un domaine précis » confirme Olivier Vigoureux. Les juniors y trouvent également leur compte, répondant plus rapidement à la classique quadrature du cercle des petites annonces « recherche jeune diplômé, fort de nombreuses expériences significatives… »

 

« C’est un moyen de créer son job sur mesure » témoigne Joëlle Houque. « La gestion des Ressources Humaines au sein d’un grand groupe se résume vite à la production d’interminables reportings, où l’individu est quasi absent. Dans les TPE que j’accompagne, RH signifie Richesse Humaine ! J’interviens sur des domaines très divers, dans des univers très différents, pour améliorer de manière tangible les conditions de travail des salariés que je côtoie. »

 

- Pour se lancer, il faut avoir l’âme d’un indépendant

 

Pas faux, en ce sens qu’il faut être adaptable, souple, autonome et très organisé. Pour réussir, il faut se limiter à deux employeurs, voire 3. « 4 jours en entreprise, 1 jour à la maison, c’est ma règle » raconte Joëlle Houque. « En entreprise, priorité à la communication avec les équipes et à l’action en mettant en œuvre des solutions adaptées. A la maison, priorité à la réflexion et le suivi des dossiers. Sans oublier le traitement des questions urgentes ! » Pour Olivier Vigoureux, même raisonnement : « Le temps partagé est une compétence à part entière. C‘est un vrai mode d’organisation et de fonctionnement du travail. Un temps en entreprise, un temps en dehors permet de profiter de l’émulation du travail en équipe tout en prenant du recul. Et pour renforcer l’esprit d’équipe, nous mettons à disposition de nos salariés des bureaux au sein de nos locaux. »

 

… mais le temps partagé se décline sous différentes formes juridiques : statut d’indépendant, de salarié en portage, en entreprise à temps partagé ou via un groupements d’employeurs… Certaines formules permettent d’éviter l’isolement et de déléguer les questions administratives ou commerciales pour se concentrer sur ses compétences. Le choix vous tend les bras !

 

- Anne Boineau

 

1- « près de 5 100 groupements d’employeurs » : chiffres issus du Centre de Ressources des Groupements d’Employeurs.

 


 

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